La fin de la 2G peut rendre inutilisables les appareils connectés qui s’appuient exclusivement sur ce réseau pour transmettre des alertes ou des données. Les équipements les plus exposés sont les alarmes, les systèmes de télésurveillance d’ascenseurs, les bracelets de téléassistance et certains appareils anciens équipés d’une carte SIM.
Arrêt du réseau 2G : le calendrier prévu par opérateur
L’extinction est progressive : les dates varient selon l’opérateur et la zone géographique. Chez Orange, les premières coupures ont débuté dans quelques communes des Pyrénées-Atlantiques le 31 mars 2026, avant une fermeture nationale en plusieurs étapes, entre le 22 septembre et le 20 octobre.
SFR prévoit de couper son réseau en novembre et décembre 2026, en commençant par les zones les plus denses. Bouygues Telecom doit entamer l’arrêt à partir du 15 novembre, puis le généraliser début décembre. Free Mobile, qui ne dispose pas de réseau 2G propre, suit le calendrier d’Orange pour les services concernés.
| Opérateur | Calendrier d’arrêt de la 2G | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Orange | Extinction nationale entre le 22 septembre et le 20 octobre 2026 | Date de coupure dans la commune |
| SFR | Novembre et décembre 2026 | Calendrier local communiqué par l’opérateur |
| Bouygues Telecom | À partir du 15 novembre, généralisation début décembre | Technologie utilisée par chaque équipement |
| Free Mobile | Alignement sur le calendrier d’Orange pour la 2G | Opérateur qui fournit la connectivité de l’objet |
La 3G ne s’arrête pas au même moment : Orange et SFR annoncent une extinction à la fin de 2028, tandis que Bouygues Telecom prévoit la fin de 2029. Un appareil compatible 3G peut donc continuer à fonctionner après la coupure 2G, mais il faudra aussi anticiper cette échéance ultérieure.
Quels appareils connectés risquent de cesser de fonctionner ?
Les objets les plus concernés sont souvent discrets, installés depuis des années et rarement vérifiés par leur utilisateur. À la fin de septembre 2025, l’Arcep recensait 5,6 millions de cartes SIM compatibles uniquement avec la 2G ou avec la 2G et la 3G en France métropolitaine. Environ 53 % étaient utilisées par des équipements M2M, qui échangent automatiquement des informations.
Parmi les appareils à contrôler figurent notamment :
- Ascenseurs : le module de télésurveillance ou l’appel d’urgence peut dépendre d’une liaison mobile 2G.
- Alarmes et systèmes de télésurveillance : certains transmetteurs envoient les alertes à un centre distant par carte SIM.
- Téléassistance : un bracelet anti-chute ou un boîtier d’appel peut perdre sa capacité à joindre le service d’assistance.
- Équipements de logement : des systèmes de chauffage, interphones et visiophones utilisent parfois une connexion cellulaire ancienne.
- Terminaux de paiement et dispositifs médicaux : les modèles anciens dotés d’un modem 2G doivent être vérifiés, même s’ils semblent fonctionner normalement.
Un voyant allumé ne garantit pas que la communication passe encore : l’appareil peut rester sous tension tout en étant incapable d’envoyer une alerte. Dans une copropriété, le syndic doit donc interroger le mainteneur de l’ascenseur plutôt que se fier à une inspection visuelle.
Les téléphones anciens sont également concernés s’ils ne fonctionnent qu’en 2G. En revanche, un smartphone récent, connecté en 4G ou en 5G, n’est généralement pas touché par cette fermeture ; il faut toutefois vérifier les appareils associés, comme une alarme ou un traceur GPS.
Vérifier la compatibilité réseau avant la coupure
La démarche commence par l’identification du modèle et de la technologie utilisée. Une référence inscrite sur l’étiquette, la facture ou le contrat de maintenance permet au fabricant ou à l’opérateur de confirmer si la connexion repose sur la 2G, la 3G ou un réseau plus récent.
Pour éviter une panne de service, particuliers, syndics et entreprises peuvent suivre ces étapes :
- Repérer les équipements cellulaires : rechercher une carte SIM, une antenne ou une mention GSM dans les notices et contrats.
- Demander une confirmation écrite au fabricant, à l’installateur ou au fournisseur de téléassistance sur la compatibilité réseau.
- Faire planifier la migration vers la 4G ou le remplacement du matériel, en tenant compte des délais d’intervention.
- Tester le service après intervention : déclencher une alerte contrôlée avec le prestataire et vérifier sa bonne réception.
Pour une entreprise gérant plusieurs centaines de capteurs, un inventaire par site évite les remplacements en urgence et permet de coordonner les équipes techniques. Pour un particulier, le bon interlocuteur est souvent le prestataire qui assure l’alarme ou la téléassistance, et non uniquement l’opérateur de téléphonie du domicile.
Pourquoi certains objets doivent être remplacés plutôt que mis à jour
La coupure concerne la liaison radio, pas nécessairement l’électronique entière de l’appareil. Certains équipements peuvent recevoir un nouveau module ou une nouvelle carte SIM ; d’autres nécessitent le remplacement du boîtier, car leur modem ne sait pas communiquer en 4G. Le fournisseur doit préciser la solution et confirmer qu’elle maintient les fonctions de sécurité attendues.
La bascule vers la 4G peut aussi demander une intervention sur l’alimentation, l’antenne ou le paramétrage du service. Dans un ascenseur, par exemple, le remplacement du transmetteur doit être coordonné avec le mainteneur afin de tester les appels d’urgence après les travaux. Pour une alarme, la transmission vers le centre de surveillance doit être vérifiée, pas seulement le déclenchement de la sirène.
Les entreprises et collectivités ont intérêt à traiter les équipements critiques en priorité, puis à établir un calendrier pour les objets moins sensibles. Les informations de l’Arcep et les communications des opérateurs permettent de suivre les échéances ; le fabricant reste toutefois la référence pour la compatibilité précise d’un modèle.
Le point décisif est simple : un appareil qui dépend exclusivement de la 2G doit être adapté avant la coupure locale, même s’il fonctionne encore aujourd’hui.

