Le prix du gaz doit augmenter de 6,6 % au 1er novembre 2026, au moment où les besoins de chauffage repartent à la hausse. Pour limiter l’effet sur le budget familial, il faut vérifier son contrat de gaz, estimer sa consommation et comparer les offres avant de modifier ses habitudes ou son fournisseur.
Hausse du gaz en novembre : ce qui change sur la facture énergétique
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) prévoit un prix repère de 194,90 €/MWh TTC en novembre, contre 182,88 €/MWh en octobre. Cet indicateur mensuel aide à comparer les offres depuis la fin des tarifs réglementés ; il ne constitue pas un tarif auquel les ménages peuvent directement souscrire. La hausse annoncée porte sur les coûts d’approvisionnement, tandis que les taxes et les frais de réseau restent inchangés pour novembre.
L’impact dépend notamment de l’usage du gaz. Pour les foyers qui chauffent leur logement au gaz, le prix repère du kilowattheure passerait de 0,14557 à 0,15760 euro TTC, soit une hausse de 8,3 %. Pour ceux qui l’utilisent seulement pour la cuisson et l’eau chaude, la progression annoncée est de 6,7 %. L’abonnement annuel indiqué pour le profil chauffage reste, lui, à 360,79 euros.
Ces évolutions ne s’appliquent pas automatiquement à tous les clients. Une offre indexée peut suivre le prix repère selon les modalités du contrat, alors qu’un prix fixe protège généralement la part fourniture pendant la période prévue. Les taxes et l’acheminement peuvent toutefois évoluer même avec une offre fixe.
Estimer le surcoût selon la consommation de gaz
Un pourcentage devient plus parlant lorsqu’il est traduit en euros. À titre d’illustration, si les tarifs annoncés se maintenaient pendant douze mois, un foyer consommant 10 000 kWh pourrait supporter environ 120 euros de plus sur l’année ; à 11 200 kWh, le surcoût approcherait 135 euros. Il s’agit d’une projection annuelle, et non d’un prélèvement supplémentaire immédiat en novembre.
Le montant réel dépend de la consommation, du lieu d’habitation, de la formule choisie et de la période de chauffe. Un logement bien isolé de 80 m² et une maison plus ancienne de surface équivalente n’auront pas nécessairement des besoins comparables. Le tableau permet de distinguer les repères annoncés des estimations budgétaires.
| Élément | Avant novembre | Repère annoncé |
|---|---|---|
| Prix repère, toutes consommations | 182,88 €/MWh TTC | 194,90 €/MWh TTC |
| Kilowattheure, profil chauffage | 0,14557 € TTC | 0,15760 € TTC |
| Surcoût indicatif à 10 000 kWh | — | Environ 120 €/an |
| Surcoût indicatif à 11 200 kWh | — | Environ 135 €/an |
Pour établir ses prévisions budgétaires, mieux vaut partir des factures réelles des douze derniers mois plutôt que d’une moyenne nationale. La consommation relevée permet aussi de repérer les périodes de forte dépense et d’ajuster les mensualités sans confondre régularisation et hausse tarifaire.
Comparer les contrats de gaz à prix fixe ou indexé
Un contrat à prix fixe peut amortir une hausse du coût de fourniture pendant sa durée de garantie. EDF propose notamment Avantage Gaz 2 ans, avec un prix du kilowattheure hors taxes garanti pendant deux ans et un mois ; Engie commercialise Gaz Référence 3 ans, où la part liée à la fourniture reste stable pendant trois ans. Les conditions exactes doivent être vérifiées sur les grilles tarifaires en vigueur au moment de la souscription.
Fixe ne signifie pas facture totalement bloquée : les taxes, l’acheminement et certaines composantes réglementaires peuvent changer. Il faut donc comparer le coût annuel total, abonnement compris, et vérifier la durée d’engagement tarifaire. Selon un comparatif Selectra daté du 12 octobre 2026, certaines offres fixes étaient estimées entre 1 677 et 1 683 euros par an pour 10 000 kWh, contre environ 1 937 euros au prix repère de novembre. L’écart théorique peut atteindre 260 euros, mais varie selon le profil et la localisation.
Un prix indexé peut redevenir intéressant si les marchés baissent, tandis qu’un tarif fixe privilégie la prévisibilité. Pour examiner plus largement les postes ajustables du foyer, cette réflexion peut être complétée par des pistes sur les dépenses qui peuvent être optimisées.
Réduire la consommation sans dégrader le confort
Comparer les offres agit sur le prix unitaire ; les économies d’énergie réduisent, elles, le volume consommé. Régler le chauffage à une température adaptée, programmer les plages de chauffe selon les horaires du foyer et fermer les pièces peu utilisées sont des mesures simples. Leur effet dépend de l’isolation et des habitudes, mais elles permettent d’éviter de chauffer inutilement.
Un exemple concret : une famille qui baisse le chauffage pendant ses absences et suit ses relevés chaque semaine peut identifier rapidement une dérive, comme une consigne trop élevée ou une période de chauffe trop longue. Un thermostat programmable facilite ces ajustements. Pour un chauffage économique sur le long terme, l’amélioration de l’isolation peut être étudiée avant un changement d’équipement, qui implique un investissement plus important.
- Comparer le coût annuel complet de plusieurs offres, pas seulement le prix du kWh.
- Relever la consommation et rapprocher les données des factures mensuelles.
- Programmer le chauffage en fonction des horaires et des pièces occupées.
- Vérifier les aides énergétiques disponibles avant d’engager des travaux d’isolation ou de chauffage.
Les aides dépendent des travaux, des ressources et des règles applicables au moment de la demande : il est prudent de vérifier les critères auprès des organismes compétents avant de signer un devis. La maîtrise du budget familial repose ainsi sur deux leviers complémentaires : un contrat adapté et une consommation suivie.
Changer de fournisseur et sécuriser son budget familial
Changer de fournisseur de gaz ne nécessite ni travaux ni remplacement du compteur. Le nouveau fournisseur prend en charge les démarches de résiliation, et l’alimentation n’est pas interrompue. Avant de souscrire, il reste essentiel de lire les modalités de révision du prix, la durée de garantie et les conditions de facturation.
Le comparateur indépendant du médiateur national de l’énergie aide à confronter les offres disponibles. Une comparaison utile reprend la consommation annuelle réelle, l’option tarifaire et le montant de l’abonnement. Les offres destinées aux nouveaux clients pouvant évoluer rapidement, une simulation ancienne ne garantit pas le même résultat lors de la souscription.
Pour éviter une décision précipitée, le ménage peut noter son contrat actuel, son échéance éventuelle et sa consommation annuelle, puis comparer deux ou trois propositions à profil identique. Cette méthode rend les différences plus lisibles et permet de distinguer une économie durable d’un tarif promotionnel temporaire. Examiner les postes du budget susceptibles d’être ajustés aide aussi à absorber une hausse sans réduire les dépenses essentielles.
À l’approche de l’hiver, le meilleur choix dépend donc de la priorité du foyer : stabilité du prix de fourniture, flexibilité si les marchés reculent, ou réduction des besoins grâce à des gestes concrets. Une comparaison fondée sur les factures réelles donne une base fiable pour décider.

